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Quand elles ont envie de faire tourner la tête à leurs partenaires, la plupart des Sénégalaises n'ont qu'une destination : les marchés. Dans ces lieux, sont commercialisés des produits dits aphrodisiaques qui donnent des effets extraordinaires lors des rapports sexuels. Randonnée dans l'univers des aphrodisiaques «donneurs» de plaisir des sens.
Tilene. Un marché au cour de la Médina, dans la capitale sénégalaise. L'odeur de légumes, de poissons, de viandes et autres condiments parfume l'air. La manière dont ils sont disposés, donne, malgré l'odeur pestilentielle qui se dégage des passages, un décor particulier. Un décor qui titille le regard, suscite l'attention. L'admiration. C'est tout un art.
Mais quand le panier de la ménagère est à la recherche de produits aphrodisiaques pour une cuisine spéciale, ce côté du marché n'est pas le point de chute idéal. Pour les chasseurs de plaisir, les vendeurs de produits dits aphrodisiaques sont les mieux indiqués. «Il faut aller voir du côté des personnes qui vendent le thiouraye (encens aphrodisiaque ). Elles sont faciles à identifier, renseigne une dame, le regard curieux.
Dans les coins et recoins de ce marché, l'oil «indiscret» scrute un ou des vendeurs de la substance aphrodisiaque qui triture les narines. Mais rien. Il faut encore marcher. Dépasser les vendeurs de poissons, de viande. Juste après, sur une longue allée, les «maîtres de l'or» font place. Un arôme de thiouraye embaume l'air. Les effluves du gowé, du diguidieu, naq, gongo et autres catégories d'encens aphrodisiaques , se disputent les narines. Pas besoin d'indication, il suffit juste de suivre ce «guide nasal» qui ne laisse point indifférent.
Un peu plus loin, un jeune homme, qui a vécu dix-huit hivernages. Son nom, Dame Sall. Tout autour de lui, des flacons de parfum de toutes sortes, le nécessaire pour réussir un bon mélange et avoir un encens aphrodisiaque «d'enfer». Depuis bientôt six mois, il remplace son grand frère dans la boutique.
En dehors de l'encens et des différentes eaux de toilette qu'il commercialise, Dame Sall vend aussi des produits aphrodisiaques . Pour hommes et femmes. «Les deux à la fois», explique-t-il. «Les femmes sont très nombreuses à venir s'approvisionner. S'agissant des hommes, c'est rare d'en voir. On peut les compter, ceux qui viennent ici pour le moment. C'est que parmi les produits aphrodisiaques , il y en a qui soignent. Donc, les hommes qui viennent ont plutôt des maux de reins», confie M. Sall. Et puis «ces produits aphrodisiaques donnent du tonus», finit-il par avouer.
Dans un autre marché, le discours ne varie presque pas. Et au marché Hlm aussi, les commerçants de produits aphrodisiaques sont ceux qui vendent en même temps de l'encens. Mais dans ce marché, un grand magasin, très connu des habitués des lieux.
Seulement, sa clientèle fait qu'elle refuse de communiquer avec toutes personnes des média : «La confidentialité fait que je ne peux pas vous parler. Je travaille avec des hommes et des femmes d'un âge très avancé. Et ils n'aimeraient pas voir leur secret étalé sur la place publique», explique-t-elle. Ces produits sont de divers effets comme le rétrécissement du vagin, d'autres pour la lubrification etc. Cette dame vend tout. Pour les hommes, une substance dans un sachet où l'on peut lire : «Your women will be satisfied (votre femme sera satisfaite).» Et les prix varient selon la satisfaction souhaitée par le client. Mais il y en a pour toutes les bourses, jusqu'à 100 francs Cfa, même.
Quant à l'assurance sur la santé par rapport à ces produits, notre interlocutrice déclare : «Je ne vends pas de produits aphrodisiaques que je n'ai moi-même pas testés.»
source : Aphrodisiaques aumarché- le quotidien du Sénégal - dossier paru le mercredi 20 août 2003